Dietland : l’adaptation du roman de Sarai Walker arrive en juin sur AMC

La gestion des habitants est d’ailleurs l’élément de gameplay le plus sympathique du titre et celui qui rend l’ensemble aussi minutieux. Tout d’abord, les habitants sont produits automatiquement à un rythme qui dépend de votre niveau de bonheur. Il n’est donc pas vraiment possible d’en produire rapidement des dizaines à la chaîne après en avoir perdu après une attaque par exemple, et chaque habitant est donc très précieux. D’autant qu’au lieu de les assigner directement à une ressource à récolter (et donc potentiellement sans limites comme dans AoE par exemple), ici il faut les affecter aux bâtiments de production/combat/exploration/etc., dont les places sont limitées à 2 habitants (ou 3 si le bâtiment est amélioré). On appréciera d’ailleurs l’interface qui indique notamment de combien de marchands, bûcherons, soigneurs et autres explorateurs le joueur dispose pour rapidement faire des changements nécessaires qui ne manqueront pas d’arriver.Un besoin urgent de bois mais votre cabane de bûcheron est déjà complètement occupée ? Si vous n’avez pas l’argent pour en acheter au marché, pas d’allié pour vous en fournir via le comptoir ou la pierre pour améliorer votre cabane, il va falloir en construire une seconde dans une autre zone, à condition d’avoir un emplacement de bâtiment libre. Ce fonctionnement oblige à s’étendre pour trouver des ressources et de la place, mais aussi à essayer de spécialiser ses zones (nourriture, bonheur, argent…), mais il ne faudra pas le faire trop vite au risque de manquer de nourriture, de bois ou d’argent quand viendra l’hiver. D’autant que les soldats (eux aussi très limités en nombre et assez chers, et donc spécialement précieux) souvent nécessaires à une expansion pour nettoyer les zones consomment beaucoup et ne peuvent pas récolter de nourriture, contrairement aux habitants qui, quand ils n’ont pas de rôle précis, en récoltent alors automatiquement autour d’eux, mais de manière moins efficace que dans les bâtiments spécialisés.L’hiver, c’est pas cool. Et les rares bugs et traductions manquantes non plus.Grâce à tous ces systèmes, la survie dans Northgard se fait toujours sur le fil. Il est rare d’être véritablement à l’aise dans un domaine et une seule attaque adverse, un seul hiver ou un seul événement aléatoire du jeu (séisme, tempête…) qui se passe mal peut faire s’effondrer toute votre économie comme des dominos et nécessiter des années en jeu pour se relever. Même si quelques mécaniques ne sont pas parfaitement claires dans les premières parties (il est d’ailleurs possible de jouer en solo contre des IA ou en multi en ligne, à 3v3 maximum), le jeu vous donne heureusement toutes les informations pour vous en sortir et ne se montrera vraiment punitif qu’envers ceux qui n’aiment pas trop le micromanagement.En effet, il faudra gérer le moindre de ses habitants pour optimiser ses récoltes et ne pas être dans le négatif, et surtout être attentif dans chaque combat (où on aurait vraiment apprécié plus de variété au niveau des unités et la possibilité de créer des groupes avec des raccourcis clavier d’ailleurs) où il faudra faire reculer ses soldats blessés au risque de les perdre et de gaspiller un précieux investissement. Au rang des regrets au-delà des combats peu passionnants on signalera également que la sympathique OST de Camille Schoell ne soit composée que de 4 pistes qui tournent très rapidement en rond, tandis que quelques éléments de gameplay et d’interface pourraient mériter quelques clarifications.L’arbre technologique.On regrettera également un rythme qui peut être en dent de scie, notamment dans la campagne solo. Les moments où tout se déroule à une vitesse correcte sont majoritaires, mais il arrive également que des passages à vide où il n’y a rien à faire en dehors d’attendre des ressources côtoient des périodes où l’Apocalypse est là et où tout va tellement de travers qu’on aimerait pouvoir mettre le jeu en pause pour réfléchir et empêcher son navire Vikings de couler.Heureusement Northgard compense ses quelques faiblesses par l’imbrication maîtrisée de ses mécaniques on l’a dit, mais aussi par son ambiance réussie et sa technique très solide. Les effets visuels sont très bons (vous allez devoir plisser les yeux pour y voir quelque chose en pleine tempête de neige), les animations des personnages sont sympathiques et si vous avez grandi avec presque n’importe quel jeu de stratégie sorti à l’époque de ceux cités plus haut les bruitages devraient vous donner quelques relents de nostalgie (personnellement le bruit du coupage de bois façon Warcraft II suffit à me mettre bien).Pro-tip : appuyez sur “i” pour afficher les ressources de chaque zone.